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Médecine traditionnelle 

 

« La médecine traditionnelle est très ancienne. C’est la somme de toutes les connaissances, compétences et pratiques reposant sur les théories, croyances et expériences propres à différentes cultures, qu’elles soient explicables ou non, et qui sont utilisées dans la préservation de la santé, ainsi que dans la prévention, le diagnostic, l’amélioration ou le traitement des maladies physiques ou mentales ». (OMS)

Dans cette définition, la médecine traditionnelle peut être considérée comme un essentiel empirisme. Cependant, il nous semble qu’elle est plus précise qu’on ne saurait l’imaginer. Les marges d’erreurs qu’on y retrouve ne sont pas suffisantes pour la consacrer uniquement comme une science empirique.

Ladite médecine traditionnelle est considérée comme essentiellement empirique ou sans fondement scientifique alors qu’examiné attentivement à travers ses différentes thérapies, la médecine traditionnelle est un ensemble de connaissances ayant pour but la santé à travers les savoirs thérapeutiques endogènes, ces dernières sont tout aussi rigoureux que tous autres connaissances, d’autant plus qu’elles sont  conservés de façon légitime par des érudits.

Dans la science positive, ou science qui se rapporte à l’essentiel,  il y a toujours des marges d’erreur. Ce qui signifie qu’une reconsidération de la médecine traditionnelle, posée comme objet d’étude et soumise à une approche pluridisciplinaire, permettrait d’envisager une science plus précise et plus efficace en termes de résultats. 

L’idée selon laquelle la Médecine Traditionnelle est dépassée vient beaucoup plus des prétendus scientifiques qui ne veulent pas montrer à la face du monde qu’ils s’inspirent, prennent et copient tout ou presque de la nature qui elle, ne se définie que sur la diversité biologique qu’elle renferme en son sein. Pour leurs différents besoins et l’élaboration de leur différent travaux de recherche qui, aussitôt le résultat obtenu, le naturel est tout de suite chassé pour donner place au synthétique.

Vous entendrez toujours dire que ce médicament est retiré du marché pour ses effets néfastes sur des individus. Et, vous écouterez très souvent dire que cette espèce est en voie de disparition ; il faut la préserver pour l’équilibre culturel, sanitaire et social…

La synthèse qui est présentée par les hommes d’aujourd’hui, s’apparente à une pratique actuelle. Pourtant, elle est effectuée par des praticiens de la Médecine Traditionnelle et dans différentes recettes culinaires patrimoniales depuis la nuit des temps. Il importe plutôt de savoir, faire savoir et orienter ses envies à rechercher le naturel pour une santé maximale. La Médecine Traditionnelle est une réalité, un fait, un domaine de définition exploré par plusieurs spécialistes pour diverses pathologies. Explorer la Médecine traditionnelle signifierait vouloir comprendre ce que cache la nature et ce qu’elle renferme comme bienfaits.

Comprendre la Médecine Traditionnelle ne se limite pas aux observations superficielles. Il faut pousser le bouchon plus loin, afin de commencer à tirer profit des premiers résultats au bout de quatre années d’apprentissage requis en général et de sept à douze ans en spécialisation. Elle ne réside non plus dans la composition des recettes pour une pathologie donnée, mais dans la compréhension de la maladie et l’apport que la plante qu’on envisage utiliser pour ce mal. 

Elle est un savoir qui s’inscrit dans la dynamique du temps, elle se laisse entrainée par cette force qui l’aide à donner une autre forme et un sens pointu, quant à l’utilisation manifeste des recettes qui sont fonction dans ce cas précis de l’évolution des temps et du climat qui change. Les spécialistes de la médecine traditionnelle, sur plusieurs pathologies, soignent en fonction de la prépondérance des maladies et de plantes naturelles dans différents écosystèmes qui n’intègrent pas les mêmes diversités. Il faut en déduire que Les mêmes plantes naturelles dans les mêmes conditions de maladies et de prises en charge ne feront pas toujours l’unanimité en terme de guérison.

La science rationnelle recherche des certitudes et la médecine traditionnelle travaille à trouver ces certitudes dans un contexte non organisé. Il est compréhensif que les résultats ne soient pas les mêmes que ceux de la médecine moderne. Car, certaines des différentes orientations présentées sous forme sanitaire, artisanale et sociale par les praticiens de la médecine traditionnelle à quelques intellectuels et qui peuvent apporter une réponse à de nombreux sujets, deviennent aussitôt contraires aux mœurs ou négativement appréciées des groupes ou sous-groupes de ces intellectuels en l’occurrence l’Ordre des Médecins et le clergé. 

La cause est liée à la confusion sur de nombreux sujets qui s’entremêlent. Il faut impérativement s’y pencher. Cette dernière à terme, pourrait bien évidemment se définir comme technique de soins alternatifs appropriés qui utilise les éléments de son milieu naturel, qui n’est nul autre que les écosystèmes forestiers. Lorsqu’on vient à considérer l’angle par lequel les pratiques de la médecine traditionnelle sont abordées dans plusieurs sociétés humaines, l’on est frappé de prime abord par les défis à relever et bien d’autres manquements imposés aux praticiens de ladite médecine compte tenu des irrégularités des modèles de définition sur des préjugés qui y sont sévèrement ancrés. 

Comme conséquence, les malades sont divisés et forment des groupes d’individus qui ne peuvent prendre une décision pour une assistance au traitement traditionnel fiable et bien mûri, sous peine de présenter autour d’eux une image irrégulière, irrespectueuse et maléfique pour avoir consulté un gardien de la tradition. À ce sujet, il faut dire que les religions modernes ont mal articulé leur pénétration dans nos contextes. Et ce qu’elles oublient, c’est que leurs fidèles sont entre cette modernité religieuse et les traditions culturelles, et par ricochet, vivent avec une conscience malheureuse. 

Biodiversité et Médecine traditionnelle   

 

La biodiversité est l’ensemble des êtres vivants, micro-organismes, plantes, champignons ou animaux, présents dans un milieu terrestre ou marin. Cependant, la protection de l’environnement reste et demeure une préoccupation pour les différents États aussi bien en Afrique que dans le reste du monde, compte tenu de nombreux dégâts enregistrés sur la couche d’ozone. Il demeure constant aujourd’hui que l’obligation de protéger ledit environnement incombe aux États, mais aussi, et surtout aux Organisations de la Société Civile (OSC). 

Les activités pérennes de notre association, qui sont le reboisement, la régénération et l’enrichissement des forêts en vue de rendre disponible et vivante la biodiversité qui rentre dans la composition des remèdes traditionnels, sont de nos jours effectives dans le Département du Nyong-et-Kellé, elles ont déjà été effectués par l’ARAM sur une superficie de 24 hectares de forets. Afin de faire comprendre à plus d’un que la médecine traditionnelle puise ses fondements dans cette diversité qui, sans elle, cette dernière se définirait par sa perte.

C’est à juste titre qu’il revient de signifier que les actions des gouvernements et de leurs partenaires internationaux, face à la citoyenneté responsable et au renforcement des recherches sur les ressources génétiques et les connaissances traditionnelles associées, méritent d’être valorisées pour avoir un retentissement favorable pour lesdits gouvernements, les Organisations de la Société Civile et les particuliers en vue de relever ce pan ô combien important pour la santé et le bien-être des populations. 

Cas pilotes : Visites prénatales et massages traditionnels   

 

Les massages traditionnels post-natals sont très importants pour la mère. Il faut préciser que ces massages sont l’aboutissement d’un long processus qui prépare l’organisme à recevoir de l’eau bouillante. Il est contenu dans tout le médicament que la jeune mère prend lors de sa grossesse, des éléments qui contribuent au retour du ventre de la mère après l’eau bouillante, comme si elle n’avait jamais accoucher. Cette méthode de prise en charge d’une maman qui vient d’enfanter, généralement par voie basse, se déroule en présentant deux niveaux, avant et après l’accouchement : 

  1. Le premier niveau est relatif à la préparation de l’organisme, à recevoir des massages, à court ou à long terme, selon les cas, par la prise des remèdes traditionnels lors de la grossesse, cette phase se décline en trois phases principales.  
  2. Le second niveau intervient dès l’accouchement. 

Première phase de suivi de la grossesse

 

La première phase du suivi de la grossesse se situe entre zéro et trois mois. Les soins administrés diffèrent d’un mois à un autre. Le but est d’apporter des vitamines non seulement à la femme enceinte, mais aussi au fœtus afin d’assurer l’évolution normale dans la cavité où il loge. 

La deuxième phase couvre la période de trois à six mois de grossesse, le traitement administré dans cette période diffère de celui de la première phase, où il est  question de fortifier le col de l’utérus, de renforcer la santé de la femme enceinte et de prévenir les maladies comme le paludisme, les hépatites et la syphilis… chez le nouveau-né. 

La phase trois part de 6 mois à l’accouchement cependant, il importe de noter qu’à partir de cet âge de la grossesse, il y a possibilité pour la femme enceinte de donner naissance à tout moment. Il est question de la reprise du cycle des soins, de la première phase, à appliquer tous les 21 jours à la femme enceinte selon l’évolution de la grossesse jusqu’à la naissance du bébé et, non seulement cette phase de traitement apporte des éléments nutritionnels à la femme enceinte et à son enfant, mais il a également pour fonction d’aider la future mère à évacuer les substances toxiques de l’organisme, dans l’optique de favoriser la flexibilité de la grossesse et la mobilité de la future mère à donner vie dans de bonnes conditions.

Tableau des visites prénatales premier et deuxième mois de grossesse  

Déboisement, feux de brousse et foresterie 

 

Les riverains en quête de nouvelles zones pour les cultures vivrières abattent et détruisent la flore généreuse que les tradipraticiens recherchent pour la santé des communautés. La pratique de l’agriculture sur brûlis encore d’actualité dans les zones rurales rend à long terme infertiles les sols et par ricochet impossible le développement des plantes nécessaires pour la médecine traditionnelle. L’exploitation des grumes rend la tâche très ardue aux médecins traditionnels dans la mesure où des grands arbres représentant la richesse de la forêt équatoriale sont décimés et jamais replantés. Il faut parcourir des centaines de kilomètres par mois à la recherche des forêts vierges ou les actions anthropiques n’ont pas encore détruit la flore indispensable aux us et coutumes.

Bien que disposant des documents officiels, des riverains dans certaines localités constituent un frein énorme à l’épanouissement de la médecine traditionnelle car, ils traitent de marabouts et sorciers, les praticiens de médecine traditionnelle empêchant bec et ongles leur pénétration dans la forêts pour y extraire quelques échantillons d’écorces à des fins utiles. Les ressources génétiques liées aux connaissances traditionnelles associées sont aujourd’hui encore, dans la plupart des cas, l’objet de nombreuses supputations. 

Perspectives 

 

Les différents travaux de recherches entrepris par l’ensemble des acteurs de la médecine traditionnelle tardent à se fixer au Cameroun. Il n’existe pas de partenaires techniques et financiers pour eux, dans un contexte qui ne valorise pas du tout leurs différents travaux. Pourtant, Le renforcement de la cause de ladite médecine devrait passer par :

  1. La mise en place, par les gouvernements, des mécanismes de consolidation et de réduction des incertitudes sur la prise en charge des populations par la médecine traditionnelle ;
  2. L’encouragement de l’économie en réduisant les brebis galeuses dans cette noble discipline ;
  3. Le contrôle de la définition avec précision des résultats sur le terrain ;
  4. Renforcer les recherches dans le cadre de la valorisation des ressources génétiques et connaissances traditionnelles associées dans un partenariat qui vise la consolidation des connaissances traditionnelles associées ;
  5. La mise à la disposition des acteurs de la médecine traditionnelle des moyens techniques pour l’extension des activités de conservation et de l’utilisation durable des ressources de la diversité biologique.

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